
Il y’a des nuits où l’on s’endort la lumière allumée, parce que le noir ne reflète pas la couleur de ses yeux. Et puis certains matins, l’ampoule est en surchauffe d’avoir trop tiré sur son filament. Et mon cœur ressemble à ce putain de filament. Il va craquer d’avoir retenu les hectolitres de larmes qui stagnent aux frontières de mon réel.
Je ne me parle plus de toi.
Tant que ton magnéto reste sur la touche pause, je ne peux pas ôter le vernis qui me va si bien. Tu es mon dissolvant, et la pince qui coupera le cordon qui me retient de ne pas sombrer dans d’autres bras.
Tant que c’est toi, je ne pourrais pas m’envoler vers l’aube cruelle.
Et si le plafond m’appelle, c’est que je ne laisse aucune trace sur les verres que tu m’offres.
Tant que ce ne sera pas moi, la bouteille vide et l’encre que l’on jette, je ne serais pas l’océan qui te fera plonger dans les fosses de mon désir.
Mais tant que c’est toi, ma jeunesse ne pourra s’enfuir d’entre tes caprices.
Plonge, plonge dans l’enfer de ma solitude et regarde le sommet de mon crâne s’apaiser.
Si et seulement seule je suis et j’erre dans les méandres des couloirs de la gare du Nord.
Et je ne t’y vois pas.
Tu es une autre.
Dans la foule, je traverse vers l’inconnue qui m’appelle.
Elle a les yeux en amandes et le regard fou. C’est la seule qui attise la flamme.
Sur les rails on peut voir le reste de nos vies.
Et recommencer une nouvelle fois à descendre vers le sol glissant et froid.
La solitude assène son coup fatal.
Et si on se rapprochait ?
Écrire et rendre compte du trouble, de ce malheur déchiré.
C’est à toi que je pense et aussi aux accidents avec des morts.
Avec la vie qui jaillit et qui s’enfuit.
Je pense à toi ce soir, demain ce sera différent.
Imaginer que derrière les vitres des métros qui se croisent, se cache un double de toi.
Un astrophysicien vient de nous appeler pour nous donner des nouvelles des étoiles.
Elles ne tournent pas sur elles-mêmes, elles ne tombent pas.
Elles meurent tout simplement.
Le temps que je m’en aperçoive et il sera trop tard.
L’impuissance face à cette étoile qui meurt est aussi banale que la faiblesse de son regard quand elle me fuit.