15 ans après le premier volet de la trilogie, les studios Pixar clôturent la saga Toy Story avec maestria et intelligence.
A l’heure où Dreamworks tente vainement de faire vieillir Shrek et son public, la société de Steve Jobs a choisi la mélancolie comme leitmotiv à sa dernière création.
Depuis 15 ans on a grandi avec Andy – enfant discipliné (trop peut-être) -, sa famille et surtout ses jouets. Woody le cow-boy un tantinet énervant parce que trop parfait et Buzz l’éclair, le cosmonaute un peu concon mais si attachant. Mais aussi Mr & Mme Patate, couple ô combien amoureux malgré les années qui passent, le chien, le dino, Bayonne le cochon et compagnie. On a appris au fil du temps à les aimer, à avoir de l’empathie pour eux et une infinie tendresse…
15 ans plus tard, Andy a grandi et s’apprête à partir pour la fac. Il doit débarrasser sa chambre pour la laisser à sa sœur et choisir entre le grenier, la poubelle et les dons pour ses affaires qui sont devenues bien trop petites pour lui. Ses jouets en font partie. Ses jouets préférés qu’il a gardés précieusement, dans une vieille malle, ses jouets dont il a toujours eu du mal à se défaire.
A l’origine destinés au grenier (après tout Andy deviendra sans doute père un jour et les jouets pourront alors retrouver une nouvelle vie), mais se retrouvant par mégarde dans une halte garderie, les jouets, à l’exception de Woody qui doit aller à la fac, se voient prisonnier d’une destinée chaotique. Chahutés par des enfants qui n’en prennent pas soin le jour et soumis au totalitarisme d’un ours en peluche rose maître des lieux la nuit.
Woody devra leur venir en aide pour les sortir de cette prison et les faire revenir dans le grenier d’Andy…
On oublie alors très vite le sens premier de tout film d’animation, divertir et faire rire, pour plonger dans une angoisse et une mélancolie profonde. Sans faire de psychologie à deux balles, on peut dire que Toy Story nous parle de l’abandon. L’abandon de l’enfance pour s’élever à l’âge adulte, l’abandon des sentiments et l’abandon par l’être tant aimé.
La perte de l’être humain qui donnait un sens à la raison d’exister des jouets est ici amplifiée par la rude bataille qu’il faudra remporter pour « survivre ».
Certes l’arrivée de Ken dans l’univers des jouets et son coup de foudre pour la décérébrée Barbie (qu’en pense Mattel ?) laisse au spectateur un peu de répit et surtout beaucoup de légèreté au récit, mais ne nous y trompons pas, les vrais héros de ce Toy Story 3 sont bien des anti-héros. Le poupon angoissant et l’ours rafistolé et méchant à souhait sont les personnages avec qui Woody et Buzz devront compter.
Le plaisir, avec les films de chez Pixar, tient également dans toutes les références balancées pendant 1h30 à un rythme hyper soutenu. Ici une bonne dose de séquences cultes des plus grands films d’évasion, des films sirupeux avec Meg Ryan ou Julia Roberts et tant d’autres.
Bourré de références donc qui permettent une lecture à plusieurs niveaux du film en fonction de l’âge du spectateur.
On n’oubliera pas non plus Buzz reprogrammé en Hidalgo jouant la sérénade à Jessy la cow-girl.
Savant mélange de drôlerie et de mélancolie, le kleenex sera de rigueur à la fin du film…
En revenant à la maison, on aimerait bien ressortir ses vieux jouets et les serrer très fort dans nos bras. Mais pour la plupart d’entre nous, hélas, on les a déjà abandonnés il y a bien, bien longtemps…












