
Depuis des lustres, on avait envie de regarder ailleurs, voir si la lumière pouvait briller en transparence. Demain, on partira.
Loin.
Parce qu'il n'y a plus rien à dire, parce que l'oeil oublie de regarder.
Parce qu'aucune terre n'est encore à découvrir, on voudra partir, mais on finira par revenir déçue, forcément déçue.
On voudrait tellement savoir jusqu'où l'on peut aller.
On voudrait aussi avoir la possibilité d'imaginer.
Et surtout avoir la faculté de changer le matin qui s'annonce.
On devrait toujours laisser passer les secondes interminables qui séparent la pensée de la parole.
Parce qu'il n'est pas envisageable de rester là, à attendre cet hypothétique désir s'installer.
Parce qu'on se dit qu'elle pourrait apparaître demain.
Pourquoi faut-il toujours attendre ?
Les douleurs qui se promènent le long des canaux sanguins du cerveau ne sont là que parce qu'il faut apprendre de la vie.
L'existence sereine n'existe pas, la morosité non plus.
Elles parlent par la bouche de ceux et celles qui ont à donner.
Mais l'envie de partager a disparu avec la volonté de partir loin du vide.
L'histoire se répète toujours.
Comme s'il était plus facile de retomber dans les abîmes des relations bancales et sans avenir que de s'engager vers un absolu qui fait peur.
Aujourd'hui la terre n'est pas bleue comme une orange.
Elle a les traits de ce que l'on voudrait aimer.
Pour quelques-uns seulement, le salut viendra de l'amour.
Pour les autres, il apparaîtra sous le masque hideux de l'autosatisfaction achevée.
Il n'y a pas de solution, de recette miracle à l'amour.
Il n'y a pas un numéro magique à composer pour entendre la voix de la promise au bout du fil.
Le cellulaire a remplacé l'ébonite, le virtuel remplacera l'amour.