Des perches

Rentrer dans le rang

 

Des perches

Rentrer dans le rang

Mieux que personne

Timide intimité

Quelqu'un qui me ressemble

Et si je m'en vais avant toi

Les mains qui se cherchent

Plus mal, plus rien

Je me suis tellement manquée

C'est un soir

Je cours

Des bouts de vie

Y'a plus qu'à vivre ça

Jours étranges

Les pluies chaudes de l'été

Ce que j'écris ce n'est pas ce que tu crois

Je sais

Un petit bout d'humanité

Zéro pointé vers l'infini

Toujours être ailleurs

 

Trop tôt, trop jeune, trop beau.
Et courir vers rien et tourner sans cesse. Et marcher, toujours marcher.
Vers la lumière, dans les églises.
Dans le froid, sous le soleil.
Et je cours parce que j’ai peur, et je cours pour apprendre à ne plus marcher.
STOP.
S’arrêter, descendre ou tomber ? Vivre et ne plus mourir. Regarder le ciel, photographier les nuages. Jouer et rire avec toi. Car après, il est souvent trop tard.
S’inventer des histoires avec des fins pour ne pas qu’il y en ait à la nôtre.
S’inventer une plage de sable fin, loin, avec eau argentée et transparente.
S’inventer des voyages, des murs blancs et des moquettes épaisses.
Et puis inventer cet enfant que je n’aurais jamais de toi. Lui inventer un prénom et des larmes pour ne pas s’accommoder de ta souffrance.
M’inventer une famille et des vivants. Ne plus compter les morts.
Mettre une robe, pleurer de joie, avoir mal aux pieds et m’écorcher la voix.
Crier là-haut, dans le désert, et ne plus rien attendre.
Regarder les lézards, jeter les vieilles photos et se dire que, finalement, rien n’a d’importance.

Je cours

Des bouts de vie

Mille fois notre vie nous l'avons rêvé.

On s'était imaginé des détails derrière chaque porte fermée.

On prévenait les amis, on discutait de l'entrain. On s'est forgé un royaume grandiose, il n'y avait pas d'indélicatesse.

On s'est crue tellement forte que l'on a pas vu la marche qui nous ferait trébucher.

Tombée, relevée, retombée. Le soleil qui nous aveugle parfois nous donne le mal.

Il n'y a pas d'itinéraire rigide, droit, austère. Il y a des bouts de vies belles et sévères.

On aurait pu se coucher de bonne heure, de bonne humeur, de bonheur.

Au lieu de cela, le monde va veiller pour croire que l'amour sera au rendez-vous le lendemain matin.

J'ai besoin de croire à cette vie que j'avais imaginée.

Je n'en suis plus très loin mais je me sens, parfois, aspirée par des démons qui ne me lâchent pas.

Au commencement il y avait l’envie absolue de prendre l’air.
Le deuxième jour, j’avais créé le désir récurrent du Mojito.
Au troisième jour le pouvoir de persuasion.
Au quatrième jour, à défaut d’île, j’ai crée la butte de la tentation.
Au cinquième jour qui a créé la femme ?
Au sixième jour, on a fixé rendez-vous.
Mojito ? Attention danger.Et puis, et puis….
La foudre s’est abattue sur la butte.
Pour sauver ma peau, j’ai pris dans mon arche, une femme, un chien, des verres et des bouteilles.
Finalement il n’y avait qu’une rue à descendre ou monter.
Et à force de faire le yoyo on finit par s’attacher.

Y'a plus qu'à vivre ça