2004

Sid'aventure

 

Diarys :

 

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1999

Millènaire inconstant (2000)

Premier jour d’une aube nouvelle :
Faisons sauter les verrous. Pas de virus à l’horizon, seulement une vingtaine de filles aux alentours de mes contours.

Des pas belles, des encore moins belles et quelques spécimens perdues sur une moquette fine et sale. Je le sais, je ne vais pas rentrer seule au petit matin. J’aurais peut-être encore la lucidité de choisir la plus appétissante. Je n’ai pas d’amour, j’ai de l’envie au cœur des cuisses.

J’ai appuyé sur le bouton ON, je pars en chasse, je l’ai capté et mes doigts s’aventurent là où il fait chaud. J’ai mis ma langue au repos, je n’ai plus de goût.

La neige s’installe:
Comment faire pour ne pas se casser la gueule ?

Je n’ai plus de béquilles depuis longtemps. J’avance, seule, sur les trottoirs d’une ville qui m’appartient.

Et si je glisse, je finirais toujours par me relever.

Je ne fonde pas d’espoir sur l’espèce humaine et pas plus chez les filles. Je peux m’envoler, je le sais.

Je peux partir loin, dans d’autres bras et sur d’autres corps. Je refais mon passeport, le monde m’appartient.

La ville est devenue mon monde et la nuit ma maîtresse. Je caresse la ville, j’entre dans les bars à la recherche du sens.

Les poissons tournoient dans les airs :
Aucune raison de douter quand d’autres espèrent.

Aucune raison de freiner quand la route est dégagée. Aucune raison de tenir quand le lien lâche. Je suis une ouverture sans fil. Le courant passe en prise directe.

Mon cerveau est mon entraîneur personnel.

Les fleurs se cueillent quand on le veut :
Je cherche l’autre moitié de moi.

Je croise des Derviches tourneurs qui ne savent pas ce que je fais.

C’est comme ça.

Et l’on arrache les jeunes pousses et l’on remplit les vases et l’on garde les épines. Oui on ne peut pas vivre à moins.

Je cherche l’autre moitié de moi-même – depuis des années.

Et je viens de m’apercevoir que JE suis l’autre moitié de moi-même. Il n’y a pas d’âme sœur. Tout cela est hors contexte.

Maintenant que je le sais, je vais pouvoir décoller.

Le trottoir est à nous et l’asphalte sent le réchauffé :
Promotion sur le blanc. Si tu veux te marier avec moi, n’essaye même pas. Je ne suis pas gourde et je n’achèterai pas le smoking d’Inès griffé YsL pour tes beaux yeux. Je fuis l’engagement – je n’ai aucun respect pour la fidélité – je veux baiser – à en crever.
Tu y crois – toi – à mon petit discours de femme libérée ? J’ai pas de cœur, je ne te tiendrais jamais la main. Je creuse un trou pour t’y voir tomber. Tu me pleureras quand je te dirais « ce soir je sors » - parce que tu sais que je ne rentrerais pas. Le trottoir est à nous et je déroule le tapis rouge pour les filles faciles. Les putes TTC au grand cœur. Faisons un arrangement sans engagement et baisons plus que de raison.

L’herbe coupée chatouille les mollets :
On en a des contagions, on en a des démangeaisons, on en a des allergies. On s’attache, on se détache et on se remet à courir.

Les jambes aérées et le sourire carnassier – les pieds pénètrent la terre que je foule.

Je suis revenue à Tara ! Mon tara est face à l’océan, planqué derrière des dunes. Mon Tara sent le pin et la bruyère.

Il y a l’érosion et l’iode comme témoins du passé. Mon passé est enfermé dans un coffret fort à Tara : un mini cercueil en feuille de cahier d’écolier, une photo à moitié déchirée. Je te livre le code : YAG.

Ouvre-le, tu y trouveras mon trésor de guerre.

La pluie me donne l’envie :
Prévisions amoureuses d’horoscopes féminins – je suis toujours sous une bonne étoile – ère du verseau – on parle de moi – mon décan se décante peu à peu – horizon dégagé par temps de non brouillard - les arbres nus laissent couler les envies – je suis l’ange gardien.

Solarisation désertique dans la capitale :
Il n’y a plus de voitures, les rues sont vides et la chaleur étouffante a envahi mes neurones.

C’est quand elles sont toutes en vacances que je renais.

Plus de sélection à faire. Plus de choix qu’on m’impose.

Il reste dans la ville celles qui ont eu la force de ne pas faire comme les autres. Il reste des corps à prendre.

Les visages ordinaires sont partis pour un mois. Je vais me rafraîchir à l’ombre de leur absence.

Et si personne ne me manque sous le soleil du mois d’août c’est que la pente est douce et que je suis ivre.

Cartables en soldes et gommes éternelles :
L’avantage avec les numériques c’est qu’on a plus peur de prendre et de jeter les photos dans l’instant. Ça évite les mauvais souvenirs, ou les trop bons. C’est au choix.

Le progrès technologique n’est rien d’autre qu’une gomme immense.

Et à cette course au progrès, j’arrive en tête.

Merveilleusement en tête.

Pour ne pas qu’octobre nous prenne :
Le soleil se couche moins tard et la nuit reprend ses droits sur moi.

Il n’y a rien de changé.

Finalement tout ceci est immuable. Les saisons défilent, je ne suis pas amoureuse, je suis monstrueuse et magnifique.

 

Rapport protégé sur ligne d’horizon :
La pénurie s’installera t’elle ?

Y’aura t’il de la neige le mois prochain ?

Quand on compte, est ce que l’on n’aime pas quand même un peu ?

Mes dix doigts servent-ils tous ?

Y’a t’il du cellophane sur les lèvres des femmes ?

 

Cheminée obstruée pour dérapages contrôlés :
Je n’ai rien à offrir.