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Plus connu comme cinéaste que comme écrivain, Pasolini laisse derrière lui une oeuvre considérable.
Pier Paolo Pasolini né à Bologne en 1922, assassiné à Ostie en 1975. Entre ses deux dates : l'existence tourmentée d'un écrivain, critique, poète, peintre, scénariste, acteur et réalisateur. Un touche-à-tout déchiré, dans une Italie qui souffre de l'après-guerre, par sa soif du catholicisme, ses valeurs communistes et son homosexualité.
Un de ses films les plus connu avec L'évangile selon Saint Mathieu, Théorème. L'histoire d'un jeune homme beau et gracieux qui fait irruption chez de riches bourgeois milanais. Ce n'est pas une simple visite mais plutôt une visitation qui s'accomplit dans et par la possession physique. Tout le monde y passe, hommes, femmes et enfants. Le visiteur s'en va, la famille reste. Seule la servante connaîtra le salut car elle n'a pas substitué de conscience à son âme, ni de moral à son sens du sacré. Quant aux membres de la famille, aucun n'en sortira indemne : le fils acceptera son homosexualité, le père abandonnera ses responsabilités aux profits des ouvriers.

Théorème restera dans l'oeuvre de Pasolini l'illustration parfaite de son style à mi-chemin entre le sacré et le profane. A sa sortie, en 1968, le scandale éclate : d'un côté il reçoit le grand prix de l'office catholique, de l'autre le Vatican désapprouve la récompense.
S'en suivra une querelle entre l'Etat Italien et l'Eglise. Pasolini reste et restera l'homme par qui le scandale arrive.
Homosexuel, il avait été dénoncé à 27 ans pour corruption de mineurs et chassé du parti communiste. Au fil des ans, il sera un habitué des salles de procès : accusé de propos obscènes dans ses livres et ses films, de carnage de moutons pendant un tournage, de vol à main armée, d'agression sur des voisines.


Pasolini dérange et son assassinat, par un jeune italien en 1975 sur la plage d'Ostie (sic), ne résoudra rien. S'agissait-il d'un crime sexuel ou d'un complot fasciste ? Personne ne peut le dire. Aujourd'hui Pasolini est réduit au rôle de cinéaste mal dans sa peau, cynique et sadique alors qu'il était la gaieté même. Malheureusement, le cinéaste est parti sur un malentendu, son dernier film sera le plus difficile de sa carrière : Salo et les 120 journées de Sodome. Film sur l'enfer, le fascisme et la mort. Il reste énigmatique. Insoutenable, physiquement éprouvant, il a permis à ses détracteurs de donner le change. Comment peut-on se considérer comme un être « normal » quand on ose réaliser des scènes aussi immondes ? Viols, tortures, scalpes, mutilations, tout y passe et beaucoup se sont demandés si la mort de Pasolini n'était, finalement, une ultime provocation du cinéaste…
