J’ai 42 ans et je n’en reviens pas.

J’ai 42 ans et je n’en reviens pas.
Je commence à ressentir les douleurs tout au long du dos, la fatigue est ancrée en moi et les nuits se doivent d’être plus calmes. Je découvre que le maquillage ne rend pas plus jolie mais sert à cacher les imperfections qui s’installent de plus en plus sur mon visage. La récupération se fait plus longue et plus douloureuse. J’ai tiré un trait sur les nuits blanches. Je me suis mise à la gym pour entretenir un corps de plus en plus lourd. Les tâches de vieillesse apparaissent peu à peu sur mes mains, les rides se creusent. Je souris un peu plus du coup. Je ne prends pas de traitement à base d’oligo-élément ni de vitamine C mais j’ai arrêté de fumer. La musique que j’écoute, les ados d’aujourd’hui ne la connaisse pas.
J’ai 42 ans et je n’en reviens pas.
J’ai depuis peu un boulot d’adulte, un 4 pièces dans Paris, deux enfants. Oui je suis installée…
Je vais au parc près des toboggans et du bac à sable. Je fais le ménage plus souvent mais je ne sais toujours pas repasser. Je range plusieurs fois par jour des livres, des jouets, des peluches négligemment abandonnés sur mon sol chauffé par l’immeuble.
Je n’ai pas fait de grasse matinée depuis 16 mois et je ne suis pas certaine d’en refaire une un jour. Il parait que plus on vieillit et moins on dort tard. Je ne me couche plus à 3h du matin et il m’arrive parfois d’aller au lit à 21h30.
Mon sens des priorités à changé, je ne vis plus pour moi. Et je ne m’en plains pas.
J’ai 42 ans et je n’en reviens pas.
La colère est encore là, bien ancrée en moi. Elle se manifeste autrement. Certains diront que je me cache derrière un écran d’ordinateur mais c’est par souci d’emploi du temps.
Je sais maintenant ce que je veux faire de ma vie et mes rêves sont encore présents. Je planifie plus, je panique moins. La peur de mal faire s’est envolée un matin de décembre.
Mon pessimisme ne me bouffe plus les entrailles, je l’ai apprivoisé.
J’ai 42 ans et je n’en reviens pas. Je suis devenue adulte. Et ça ne me rend pas triste…

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