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Ma jeunesse s’enfuit

Posted 02 sept 2010 — by zeinvisible
Category Livres

J’ai un rapport assez particulier à Ann Scott… Que les choses soient claires dès le départ : je ne suis pas une fan inconditionnelle de son « œuvre ». Je trouve son carton littéraire « Superstars » excessivement surestimé – oui ce roman m’a gonflé et je ne me suis jamais retrouvée dans cette description de cette folle aventure 90’s.
En revanche j’avais trouvé « Héroïne » assez culotté et fort intéressant.

Si je n’adhère donc pas toujours à ses romans, j’aime assez la personne que je lis sur la toile. Après un passage sur Facebook où son profil était plus un autel à sa gloire (fans inconditionnelles vous voilà !), j’ai commencé à la suivre sur Twitter et brièvement lors de son expérience sur formspring.
Non pas que l’on arrive à cerner l’auteure plus que dans ses récits mais il y a un côté attachant que je n’avais pas trouvé lors de la lecture de ses différents romans et/ou en interviews.

Ann Scott donc, a une activité en dehors du web, elle écrit des livres… Je ne sais pas si elle est feignante, dilettante ou autre mais toujours est-il qu’elle a mis quatre ans à sortir son nouveau bébé.

Et c’est avec « A la folle jeunesse » (titre qui m’évoque plus F. Scott Fitzgerald – allez savoir pourquoi – qu’une phrase du film « Out of Africa » dont elle est extraite) qu’elle fait sa rentrée littéraire.

Une autofiction plus qu’un roman. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est elle, son attaché de presse et tout ce qui compte de journaliste plus ou moins branché de Paris.
Ann Scott a eu la brillante idée de piquer le principe utilisé par Bret Easton Ellis dans ce qui est sans doute son meilleur roman à ce jour « Lunar Park » : une tentative d’autobiographie où le vrai et le faux jouent à cache-cache avec le lecteur.
Elle revient, au début de son roman sur « Superstars » et nous fait revivre ce qu’elle a enduré pendant ces quelques mois/années de surexposition. Ces premières pages sont jouissives – tout le monde en prend pour son grade – le journaliste, la fan hystérique, l’auteure elle-même.
C’est du scalpel, du découpage en règle, bref du tout bon.

Le problème réglé une bonne fois pour toute (ou tout du moins on l’espère pour elle ), Ann Scott nous entraine un 1er janvier à la recherche de son temps perdu.
Elle y mêle ses relations amoureuses souvent catastrophiques, ses amitiés mais surtout ses relations familiales et ses souvenirs d’enfance.

Cela ne fait pas toujours du bien de passer la quarantaine, ou peut être que si justement. Parce qu’il y a dans ces pages une poésie, une lucidité, une tendresse aussi qui font que nous n’avons pas envie de reposer ce livre avant la dernière page.

Moins pour les passages que je pourrais qualifier de « modasse » trouve sans réel intérêt (et qui je connais de célèbre, et avec qui j’ai pris de la coke, et qu’est ce que j’écoute comme zique) et sur lesquels je suis totalement hermétique que pour les passages où elle nous parle de ses parents, des rapports difficiles qu’elle entretient avec eux, de ce frère qu’elle connaît si mal et surtout, surtout de Liev.

Si il n’y avait qu’un personnage à aimer ce serait certainement celui-ci. Parce qu’on y décèle tout ce qu’il peut y avoir de beau, de tendre et de tragique chez Ann Scott.

Ses phrases simples, courtes, le mot toujours juste et le style aérien font de ce roman une réelle réussite. Une véritable surprise pour moi. Un réel coup de cœur.
Ann Scott a vieilli et ça lui a fait le plus grand bien !

A la folle jeunesse de Ann Scott chez Stock

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